La
reconstruction de Perse débute par la réalisation d'un véritable
sarcophage de grès de plus de 4 m de haut au niveau du chevet. Côté
nord, le bâtiment est positionné si près du bord de l'escarpement
rocheux que les constructeurs ont du enduire la roche d'une couche de ciment gréseux
pour accrocher solidement les pierres d'assise. De plus ce soubassement n'est
pas un simple mur, mais un ouvrage très travaillé avec pilastres
et colonnes engagées. Ce
sarcophage ne peut avoir d'autre fonction que d'enfermer les restes du monastère
primitif, des vestiges dont on ne peut que constater à quel point ils semblaient
précieux pour Conques. Il eut été en effet cent fois moins
onéreux de placer l'église plus loin ou de raser carrément
l'existant, comme cela s'est fait très souvent. On peut donc légitimement
se demander en quoi les restes de ce vieux monastère ruiné présentaient
un tel intérêt pour les bénédictins de la célèbre
abbaye ? La réponse est certainement dans les entrailles de Perse.
L'implantation
de l'église est sans doute tributaire des vestiges du monastère
d'origine sur lesquels elle a été édifiée et dont
il est impossible de se faire une idée exacte faute d'archives.
En
1905 Henri Laffillée, architecte en chef des Monuments Historiques, élabore
un projet de restauration de la chapelle de Perse. Il projette notamment la réfection
des 6 colonnes entourant le portail qui,"selon lui", devaient exister
primitivement, mais qui étaient absentes au début du
XXe siècle comme le montre une photo.
Ces
colonnes ne semblent pas indispensables à l'équilibre de l'ensemble,
mais leur absence nuit à l'harmonie du portail.
Le
visiteur qui pénètre au premier étage est surpris par la
présence, au-dessus
des transepts nord et sud, de 2 fortes voûtes
faisant inévitablement penser à des arcs de décharge. Mis
en relation avec les arcs de renforcement des voûtes d'arêtes du plafond
des transepts, ils semblent attester non seulement de l'utilisation régulière
de ces étages par les moines, mais également de l'existence possible
d'un troisième niveau.
Les
relevés du XIXe montrent la présence de ces arcs au-dessus des transepts
nord et sud
Position
très curieuse de la partie visible de l'arc, déjà relevée
comme telle au XIXe, qui repose, non sur le pilier placé au-dessous, mais
sur l'arc qui relie les 2 piliers.
Cette
position peut laisser supposer que la largeur du mur de la voûte de cet
arc, que le bouchage ne permet pas d'apprécier, va jusqu'à la nef,
induisant la possible présence d'une sorte de triforium ou de loges dans
la construction d'origine.
Renforcement
des croisées d'arêtes des transepts par de forts arcs de soutien de section carrée,
positionnés postérieurement à la construction, sans doute
à la suite d'un effondrement du plafond.
La niche gothique identifiée comme étant un enfeu et située
à droite du portail n'en est sans doute pas un. Un enfeu est une structure
située dans un mur et le seul qui existe à Perse se trouve dans
la chapelle gothique ouest au fond de l'église. Cet enfeu extérieur
paraît donc avoir été ajouté lors des modifications
gothiques. La question qui se pose est de savoir à quoi servait la structure
initiale. Pourrait-il s'agir d'un puits d'aération pour la partie souterraine
?