Histoire

 

 

église St Jean-Baptiste
(XVe siècle)

 

 

église St Jean-Baptiste
(XIXe siècle)

 

 

la Gaule Romaine

La vallée du Lot se situe entre le pays des Rutènes (Rouergue) sur le Causse et celui des Gabales (Gévaudan) en formant une zone frontière. Au milieu du 1er siècle, la construction de la voie romaine qui traverse le Lot à St Côme va permettre le développement de domaines gallo-romains (villas ou fermes), surtout sur la rive droite. Ce sont tous les noms en -ac: Alayrac, Flaujac, Lévinhac, etc....

la Voie Romaine

La Carte de Peutinger

La voie romaine portée sur cette carte reliait Segodunum (Rodez) à Anderitum (Javols). Elle traversait la vallée à partir de Biounac, surveillée par le fort du Puech de Castres, descendait vers le gué de St Côme d'Olt, et remontait sur l'Aubrac pour atteindre une auberge nommée "Ad Silanum". Les distances portées sur la carte permettent de supposer que cette auberge est à la base de la fondation de St Chély d'Aubrac.

le Puech de Castres
Un fort gallo-romain
A l'ouest du tracé de la voie romaine, près de Biounac, se trouve une éminence offrant une superbe vue panoramique sur la vallée. Son nom de puech de Castres (du latin "castrum": camp fortifié) indique la présence sur ce sommet d'un fort gallo-romain de surveillance. Il n'était pas chargé de veiller directement sur la voie romaine, mais sur la déviation qui, par Carnéjac, permettait de se rendre au bourg de Perse
entrée du fort
Cette époque va voir le développement d'un artisanat de la céramique sigillée, sans doute en relation avec la Graufesenque (centre gallo-romain de céramiques sigillées de Millau).La pauvreté des vestiges gallo-romains ne permet pas de se faire une idée, autre que comparative par rapport à l'histoire générale, de l'histoire de la vallée aux premiers siècles de notre ère.
le Monastère de Perse

L'arrivée probable au IVe siècle d'un ermite surnommé Hilarian et son martyre vont donner naissance à un monastère préroman à Perse sur les lieux de son existence. La légende forgée par Conques d'un saint céphalophore, dans un souci de promotion d'un édifice situé sur le chemin de Compostelle, va totalement brouiller l'image de ce petit monastère rural.

les Seigneurs de Calmont
Dans le cadre de la réforme administrative carolingienne, selon toute vraisemblance au IXe siècle, le comte de Rouergue envoie sur sa frontière nord un viguier, officier chargé de fonctions de police et de justice:
le seigneur de Calmont.

Son installation dans la vallée va se traduire par la construction d'un château sur le pic de Calmont et d'un pont à 5 arches sur le Lot destiné à détourner le trafic routier, et donc commercial, vers le château. Un pont qui va d'ailleurs être rapidement doté d'un péage.

Un autre but est d'attirer vers le château les habitants du bourg de Perse, ce qui va se traduire par la création du village de Calmont où une charte de 883 fait mention d'un "ministerium calvomontense" dépendant de la paroisse de Perse. Cet état de fait n'a sans doute pas manqué de créer des conflits de pouvoir entre les seigneurs de Calmont et les abbés de Perse. L' apparition du pèlerinage de Compostelle au Xe siècle ne va pas arranger les choses et c'est un monastère totalement ruiné que Conques reçoit en donation en 1060.
Si la ville avait voulu se doter d'armes avec meubles se rapportant à l'histoire de sa fondation, celles-ci auraient du se composer d'un pont,des armes des Calmont et du symbole des Templiers. Les armes modernes de la ville, créées par Henri Affre au XIXe siècle, sont des armes dites " armes parlantes" par assimilation phonétique entre Espalion et "épée-lion'. Si on considère l'aspect purement historique, la ville ne possède comme armes que celles des seigneurs de Calmont qui l'ont fondée
Henri Affre
armes "parlantes"
Calmont: " d'argent au lion rampant de sable "
(en héraldique,"sable" est la couleur noire)
du latin "sabellum": zibeline

armes imaginées par l'auteur d'après l' histoire de la fondation d'Espalion

le Chemin de Compostelle
La vallée d'Espalion se trouve sur la " Via Podensis " qui part du Puy-en-Velay et, par l' Aubrac, Conques et Moissac, rejoint à Ostabat les routes de Tours et de Vezelay pour former le "camino françès". Après le Puy, les pèlerins devaient affronter les massifs de la Margeride et de l'Aubrac, où nombre d'entre eux sont morts de froid ou attaqués par les loups après s'être perdus dans le brouillard et la neige, avant de rejoindre la vallée du Lot à St Côme où un gué leur permettait de passer la rivière avant de se diriger vers le bourg de Perse.
Domerie d'Aubrac
St Jacques de Compostelle
(Musée Vaylet . Espalion)
Abbaye de Bonneval

Au XIIe siècle, la situation s'améliora avec la fondation de l'hôpital d'Aubrac, dont les chevaliers sécurisaient les chemins, et la fondation de l'abbaye cistercienne de Bonneval qui permit de créer, après St Chély d'Aubrac, une voie secondaire vers La Bastide.

Chapelle de la Bouïsse
(St Côme d' Olt)
A Aubrac, la "cloche des perdus" sonnait pendant des heures par temps de brouillard pour appeler les égarés.
Eglise de Perse
(Espalion)
le Temps des Bâtisseurs
Chapelle du Temple
(tableau-Musée Vaylet)
La reconstruction du monastère de Perse à la fin du XIe et début du XIIe siècles va marquer une période d'expansion économique appuyée sur les ordres religieux. En 1120 c'est la fondation de l'hôpital d'Aubrac, suivie par l'installation d'une chapellenie de l'Ordre du Temple à Espalion et la construction de l'abbaye de Bonneval dans les gorges d'une boralde.
Hôpital d'Aubrac
(dessin de Bichebois- 1833)
En 1266 est établi un document qui constitue le titre le plus ancien des archives communales:
la "Charte des Franchises Communales"
Cette charte définit les rapports entre le seigneur et les habitants d'Espalion ainsi que les limites de l'aire d'application, la zone franche. Elle a été signée dans la chapelle du Temple, lequel l'a peut-être initiée et certainement payée. Elle ne concerne ni le vieux bourg de Perse ni le village de Calmont qui en 1349 sont encore presque 3 fois plus peuplés qu'Espalion ( 226 feux contre 86). St Côme d'Olt compte alors 300 feux et Le Cambon 200. Espalion fait vraiment office de ville neuve.
la Ville Fortifiée
la tour du Michou

La guerre de Cent Ans va obliger les espalionnais à s'enfermer dans un rempart. La ville adopte la forme d'un quadrilatère et s'organise autour de 3 rues principales: la rue droite, la rue Méjane (du milieu) et la rue du Plô (lo carriero dornieyro). Le rempart est percé de 2 portes fortifiées: la porte St Georges en haut de la rue droite, précédée d'une barbacane et celle du pont. Et sans doute une poterne d'accès au foiral qui sera remplacée par la porte St Joseph.

Ces défenses s'avèrent insuffisantes, notamment face aux routiers que le Traité de Brétigny, faisant passer le Rouergue sous domination anglaise, avait lancés sur la province. Et en 1367 la ville obtint du seigneur de Calmont l'autorisation de lever un impôt pour réparer et étendre les fortifications, notamment sur l'ensemble du pont. C'est sans doute à cette époque que furent construites les tours dont ne subsistent que la tour sud-ouest, dite du michou, et la base carrée de la tour sud-est.
La tour St Georges coiffait la barbacane à l'entrée de la rue droite côté sud tandis qu'au nord la tour du Portal fermait l'entrée du pont. Cette tour du Portal est certainement antérieure aux autres tours des fortifications du pont (tour de guet et Notre-Dame)
sommaire
les Guerres de Religion

La religion réformée fait son apparition à Espalion en février 1561 sous les traits d'un prédicateur nommé Blaise Malet. Après une année d'agitation, tout rentre dans l'ordre, mais la guerre civile qui se propage oblige les consuls à engager à un capitaine d'armes, Bernardin de la Valette, avec mission d'assurer la mise en défense de la ville.

détail du tableau de frère Isidore (1881)
(Musée Vaylet- Espalion)
Le 6 octobre 1568 la ville est attaquée par les Huguenots qui commencent par incendier la chapelle St Sauveur. La première attaque est repoussée, mais le lendemain les assaillants, plus nombreux et mieux armés, s'emparent de la ville en sapant la porte St Georges et mettent le feu à l'église. En 1588 de nouveaux dangers amènent à détruire la dernière arche, côté faubourg, pour la remplacer par un pont-levis. Le XVe siècle est marqué en 1643 par la révolte des Croquants due à une subite aggravation des impôts. Espalion qui avait sous-estimé le danger et s'était mal préparé, est prise au mois de septembre et livrée au pillage.
Le second fait marquant est la peste qui sévit en 1653-1654. Devant l'ampleur du fléau, la ville est désertée par ses habitants et le régiment du Périgord, venu en quartiers d'hiver, n'y trouve, en février 1654, que 2 consuls et une dizaine de personnes. C'est à l'occasion de cette peste que la ville est mise sous la protection de St Joseph
la Métamorphose
Les modifications qui, à partir de 1700, affectent le pont avec la destruction de tout ce qui gêne la circulation: portes, tours et maisonnettes ainsi que le pont-levis en 1724, préfigurent la véritable métamorphose qui va se produire au XIXe siècle. A l' issue de la période révolutionnaire, la constitution de l'an VIII fait d'Espalion une sous-préfecture. La ville compte alors 1800 habitants.
L' année 1838 voit la naissance du "Bulletin d'Espalion", doyen des organes de presse locale aveyronnaise, ainsi que la mise en chantier de la première prison cellulaire du département, inaugurée en 1844.
En 1841 un nouveau pont est lancé sur le Lot: l'actuel Pont-Neuf dont la première pierre est posée le 8 mai 1841. L'ouverture du boulevard nécessite la construction d'un remblai pour le mettre à l'abri des crues, percé de 2 passages dans les rues St Antoine et Grenade. Le pont est ouvert à la circulation en 1846.

En 1849 les maisons longeant le Lot entre les 2 ponts sont démolies pour les remplacer par un quai, tandis qu'en 1850 la ville se dote d'un nouveau Palais de Justice, place St Georges, qui abritera la mairie un siècle plus tard.

En 1879, sous l'impulsion du chanoine Brévier, on entreprend la construction d'une nouvelle église paroissiale qui est achevée en 1883. Après avoir envisagé de démolir l'ancienne église pour créer une halle couverte, on décide de la transformer pour y installer la mairie. Les travaux débutent en 1887 et 10 ans plus tard les services municipaux sont tansférés dans leurs nouveaux locaux. Ils resteront dans le bâtiment jusqu'en 1950 où la mairie déménagera à nouveau pour occuper des locaux mis à sa diposition dans le Palais de Justice.

Pour être complet il faut signaler la construction de nouveaux collèges: St Hilarian, sur les bords du Lot, terminé en 1893 et le collège Immaculée Conception en 1895, du nouvel hospice en 1907 et enfin la gare et la voie ferrée inaugurées le 25 juin 1908.

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