Introduction
Créé
en 1980 à l'initiative de Lucien Cabrolié, le Musée du scaphandre occupe depuis
une partie du rez-de-chaussée de l'ancienne église St Jean-Baptiste mise en 1975
à la disposition des collections du Musée Vaylet. Le musée du scaphandre est donc
hébergé, pour une surface de 250 m2, par le musée des Arts et Traditions Populaires.
Cette formule, qui a donné toute satisfaction à ce jour, montre actuellement ses
limites. En effet, l'extension continue du musée du scaphandre ne permet plus
de présenter les pièces dont le musée ne cesse de s'enrichir chaque année faute
de place. Ce manque d'espace s'avère de plus en plus préjudiciable pour un musée
dont la notoriété nationale et internationale ne cesse de croître, notoriété dont
l'exposition internationale de Vigo ( Espagne ) fournit un nouvel exemple. Devant
cette situation, les responsables du musée ont engagé une réflexion afin de dégager
diverses solutions à ce problème. Le transfert du musée dans le bâtiment des anciennes
prisons qui abrite le Musée du Rouergue, transfert envisagé ces dernières années,
ne paraît convenir qu'à une solution provisoire qui ne saurait traiter le problème
sur le long terme. Diverses considérations ont conduit naturellement la réflexion
dans une direction totalement nouvelle permettant de concilier toutes les exigences
propres à l'extension du musée : un bâtiment entièrement nouveau situé autant
que faire se peut au bord du Lot, l'élément aquatique constituant l'application
la plus importante du scaphandre. La présence d'une rivière de cette importance
au milieu de la vallée représente un point quasi incontournable dans la réalisation
de ce projet. La ville d' Espalion constitue un autre point important, un musée
consacré aux inventions de Rouquayrol et Denayrouze ne pouvant être dissocié de
la cité qui les a vu naître. Enfin la réflexion oriente le projet vers un cadre
élargi : un Centre International du Scaphandre dont la partie muséographique constituerait
le noyau central en tant qu'espace d'exposition, mais ne saurait résumer l'ensemble
des activités du Centre. Ce document a pour but de dégager une série de pistes
destinées à la mise à l'étude d'un projet qui présente de sérieux atouts autant
historiques que touristiques pour Espalion, sa vallée et l'Aveyron dans son ensemble.
Historique du musée
En
1860, Benoît Rouquayrol, ingénieur des mines aux houillères de Decazeville, dépose
un brevet pour un " régulateur pour l'écoulement des gaz comprimés " destiné à
un appareil de sauvetage pour les mineurs, une sorte de poumon artificiel permettant
d'évoluer dans les atmosphères toxiques. En 1864, Auguste Denayrouze, lieutenant
de vaisseau, réalise tout l'intérêt que l'invention de Rouquayrol présente pour
la pénétration du monde sous-marin et l'aide à adapter son régulateur pour en
faire le premier scaphandre de plongée autonome possédant un détendeur à membrane
assurant l'alimentation du plongeur à la demande. En 1867, l'écrivain Jules Verne
découvre cet appareil lors de démonstrations à Paris. Travaillant à l'écriture
de " 20 000 lieues sous les mers ", il a l'idée d'en doter le capitaine Nemo et
ses hommes lors de leurs sorties hors du Nautilus, assurant ainsi une renommée
internationale à l'invention des espalionnais. En 1980, autour de ces inventions
et après 5 années de préparation et de recherches, le musée du scaphandre ouvre
ses portes. Le 21 juin il est inauguré par l'amiral Wolf entouré des plus éminentes
personnalités du monde sous-marin. Depuis lors, le musée n'a cessé de s'enrichir
grâce à de nombreux soutiens : Musée Océanographique de Monaco, Musée de la Marine
et Musée des Techniques à Paris, Marine Nationale à Toulon et à Brest, les sociétés
Comex, Elf-Aquitaine, Lama, Spirotechnique, Cristal ou Sogetram, les familles
Piel, Rouquayrol et Denayrouze, ainsi que de nombreux professionnels et plongeurs
émérites et passionnés tel que Robert Sténuit, Marc Jasinski ou Jean-Michel Cousteau.
Ce musée, riche à ce jour de plus de 300 pièces, présente un historique, de l'antiquité
à nos jours, de la passionnante et difficile conquête des milieux sous-marins,
de la constante évolution des matériels et des techniques, ainsi que du courage
et de l'imagination des hommes qui se lancèrent dans cette fabuleuse aventure.
Il constitue pour les plongeurs du monde entier un témoignage irremplaçable de
ce que fut la vie et l'histoire de ceux qui ont ouvert les portes de ce monde
sous-marin qui nourrit leur passion.
Ce document a pour but de dégager une série de pistes destinées à la mise à l'étude
d'un projet sur un centre concernant non seulement le monde sous-marin à travers
l'histoire de ses techniques : scaphandres, sous-marins, cloches et tourelles,
etc… mais également les applications terrestres du scaphandre: mines, pompiers,
etc....Ce musée du scaphandre présente des pièces très intéressantes dans un espace
réduit : 2 salles sur 450 m2 ce qui est nettement insuffisant pour un sujet qui
pourrait occuper plus de 3000 m2 pour la seule exposition de pièces, d'où l'impossibilité
de tout espace interactif et ludique indispensable pour l'accueil des enfants.
La municipalité ne voit aucun intérêt à la création d'un musée digne de ce nom
et l'association n'a pas les moyens d'une telle réalisation.
Espace
d' Exposition
Salle 1 Le scaphandre autonome : De la mine à la
mer
Salle
articulée autour de l'invention du régulateur pour le sauvetage dans les mines
et des inventions de Rouquayrol et Denayrouze concernant la plongée autonome.
Elle comprend des scaphandres autonomes sans détendeur (reconstitution du scaphandre
de Lemaire D'Augerville) ainsi que des appareils montrant l'évolution de la plongée
autonome moderne, en mer comme en spéléologie. Une large place est également accordée
aux utilisations de scaphandres autonomes en milieux non aquatiques, notamment
dans le domaine de la sécurité (pompiers, centrales nucléaires, etc..) ou dans
celui de l'espace.
Salle
2 Les
Pieds - Lourds Les travailleurs sous la mer
Salle
consacrée aux équipements individuels non autonomes car reliés à la surface dont
ils reçoivent l'air par le biais de tuyaux et de pompes, voire de soufflets pour
les plus anciens (scaphandres de Kreeft ou de Beauve). Elle relate la grande aventure
des scaphandres à casque, surnommés " pieds lourds ", de 1830 à 1973, dans tous
les domaines où ils ont exercé leurs talents. Les pièces maîtresse en sont l'appareil
plongeur à groin de Rouquayrol et Denayrouze de 1864 dans sa version non autonome,
des pieds lourds de diverses nationalités, ainsi que divers modèles de pompes
à bringuebale ou à volants.
Salle
3 Les
appareils sous-marins Des cloches aux abysses
Salle
consacrée à tous les appareils autres que les équipements individuels autonomes
ou non. La première partie concerne les cloches à plongeurs décrites dès le Ive
siècle avant J.C. par Aristote, une technique utilisée jusqu'au XIXe pour les
cloches proprement dites et jusqu'à nos jours avec leurs héritières, les tourelles
de plongée. La seconde est consacrée aux sous-marins et aux submersibles avec
des maquettes des principaux engins qui ont marqué l'histoire, de la " tortue
" de Busnell aux sous-marins atomiques, en passant par le tonneau de Lethbridge.
Une place spéciale est réservée aux scaphandres métalliques articulés, véritables
sous-marins à forme humaine.
Salle
4 Le
monde de l'imaginaire De la littérature au cinéma
Salle consacrée à l'imaginaire quelqu'en soit le support. De la littérature au
cinéma en passant par la bande dessinée, elle permet de voir comment les hommes
à travers les âges ont imaginé l'univers sous-marin et les solutions parfois géniales,
parfois farfelues qu'ils ont conçus pour la pénétration des fonds marins. Une
place spéciale est évidemment réservée à Jules Verne dont le roman " 20 000lieues
sous les mers " est intimement lié à la diffusion de l'invention du scaphandre
autonome par Rouquayrol et Denayrouze. La plus grande partie de cette salle est
du domaine de l 'iconographie, dont la place ne cesse de grandir dans l'étude
de l'histoire des relations de l'homme et de la mer.
Salles
annexes dans les couloirs de liaisons Petites salles circulaires consacrées à
des matériels spécifiques pouvant difficilement être classés dans les catégories
précédentes car appartenant à plusieurs systèmes, tel le scaphandre de Klingert.
Salle de présentation audiovisuelle Situé au départ de la visite elle permet de
présenter l'histoire de la pénétration des fonds marins et l'historique du musée
à partir d'un court-métrage d'une dizaine de minutes. Sa capacité d'accueil est
d'environ 100 places.
Salle
d'expositions temporaires Espace réservé à des expositions à thèmes explorant
le vaste domaine d'utilisation du scaphandre. Ces expositions peuvent présenter
un sujet tel que la peinture sous-marine ou la plongée souterraine, ou être consacré
à un personnage marquant dans l'aventure subaquatique, etc…
Espace
Piscine
Salle
se décomposant en 2 niveaux, le niveau 2 étant surélevé de 3 mètres par rapport
au niveau 1
Niveau
1 Salle
située en contrebas de la piscine et comportant sur le mur de celle-ci des hublots
rectangulaires de vision pour assister aux démonstrations de plongée, en scaphandre
pieds lourds notamment. Cette salle peut également contenir des aquariums, des
maquettes ou toute autre présentation de matériels ou d'iconographie.
Niveau
2 Piscine
semi-circulaire permettant des plongées de démonstration ou des baptêmes avec
des matériels historiques, autonomes ou pieds lourds, ainsi que des plongées d'initiation
à destination des enfants avec la possibilité de mise en place de programmes spécifiques
en collaboration avec les établissements scolaires. Cette piscine peut être organisée
comme un milieu sous-marin et contenir quelques poissons de rivière. Elle est
équipée de hublots de vision déjà mentionnés, de lampes permettant un éclairage
de couleur (blanc, bleu, vert et jaune orangé) en monochromie ou en combinaison.
Un escalier équipé d'un plan incliné en son centre, une pente munie d'une double
rampe, permet la descente des scaphandriers et l'alimentation en air est assurée
d'une part par des pompes (à bringuebales ou à volant), d'autre part par une prise
d'air comprimée (bouteille ou compresseur). La présence du Lot à proximité immédiate
du centre permettrait d'alimenter la piscine par pompe et système filtrant. Une
liaison directe avec le Lot par le biais d'un plan incliné permettrait des plongées
pieds lourds dans la rivière avec adjonction d'un quai de bois pour les manœuvres
et l'amarrage de barges, et de terrasses aménagées pour le public. Possibilité
de spectacles avec structures immergées.
Espace
Animation
Cet
espace se décompose en une salle de conférence et plusieurs salles de travail
mises à la disposition d'associations désirant tenir des assemblées ou séminaires
de travail, la visite du musée étant comprise dans la location des salles. Salle
de conférence se présentant sous la forme d'un amphithéâtre, comprenant de 500
et 1000 places et disposant d'une scène pour accueillir des conférenciers, des
responsables d'association, etc.… Elle dispose également d'un ensemble audiovisuel
pour la projection de films, ce qui peut permettre à terme d'organiser des manifestations
diverses, tel une semaine consacrée au cinéma sous-marin ou tout autre thème en
rapport avec la plongée. Salles de travail servant de complément à la salle de
conférence pour des travaux concernant des groupes plus réduits.
Espace
ludique et éducatif
Espace
destiné aux enfants permettant d'utiliser l'interactivité et des mises en situation
sous une forme ludique.
Effets
sonores: découverte par l 'enfant de l'univers sonore du monde sous-marin tels
que bruits divers émis par les appareils de plongée qu'il s'agisse des bulles
d'un scaphandre autonome ou du fonctionnement d'un sous-marin, chants des baleines
ou dauphins, etc… Au-delà de l'aspect ludique, cet espace peut également faire
place aux recherches musicales mettant en jeu des aspects aquatiques ainsi que
permettre une approche du monde sous-marin pour les non-voyants.
Effets visuels: création d'un aquarium construit autour d'un casque pieds lourds
permettant à l'enfant de se faire une idée de la vision dans ces appareils. Visite
d'engins tel une tourelle de plongée, manipulation d'une cloche à plongeurs en
verre emportant une bougie allumée, etc… Découverte des techniques de respiration
sub-aquatiques, des phénomènes liés à la vision sous-marine.
Espace iconographique particulier tourné vers l'enfant, axé sur la bande dessinée
et le dessin animé et utilisant des constructions scéniques à base de figurines
et appareils du monde du jouet.
Conclusion
Par
son thème et sa structure, ce projet d'un Centre International du Scaphandre s'inscrit
parfaitement dans le cadre des projets sollicités par l'Europe. Ce projet peut
s'appuyer sur une audience auprès de tout ce que le monde de la plongée compte
de sommités tant dans le domaine de l'exploration des fonds marins que dans le
domaine scientifique. Aux personnalités du monde de la mer peuvent s'ajouter des
soutiens du monde politique dans des domaines aussi divers que la culture, le
tourisme ou l'industrie.
Critères des sites potentiels
Les
sites potentiels pouvant accueillir la future implantation du centre doivent répondre
à plusieurs critères dont la définition doit permettre de guider la recherche.
1.
La présence d'un plan d'eau. L'implantation en bordure d'un plan d'eau (mer, lac
ou fleuve) paraît indispensable pour un centre consacré à l'histoire de la pénétration
des milieux aquatiques qu'ils soient maritimes ou non. Le secteur concerné doit
présenter une certaine profondeur ou la possibilité d'un aménagement dans ce sens
afin de faire évoluer certains matériels, notamment des pieds lourds, dans cet
espace.
2.
L'accessibilité. Outre l'aménagement d'une aire de stationnement devant recevoir
voitures, camping-cars et autocars, l'accès au centre doit tenir compte du gabarit
de ces véhicules qui doivent pouvoir manœuvrer aisément et en toute sécurité.
3.
La spécificité architecturale. Les contraintes architecturales liées aux spécificités
régionales pouvant difficilement s'appliquer à un bâtiment qui possède lui-même,
par sa fonction, ses propres critères, il est nécessaire de l'isoler de l'habitat
traditionnel et ne peut donc se situer dans la ville. Le centre doit être par
son architecture parfaitement identifiable dés l'abord.