Musée du Scaphandre
Coupes et plan

Texte du projet

Soyons clairs! Ceci n'est pas un projet municipal ou départemental, ni celui de l'Association du musée. Il s'agit seulement d'une étude personnelle que chacun est libre d'appécier ou pas. Il part de l'idée que ce musée mérite mieux, au vu du renom qu'il a acquis, que d'être confiné dans 2 petites salles du Musée Vaylet. Il s'agit donc de concevoir un musée situé au bord du Lot dans un bâtiment original, à l'image de ce qui a été fait à Micropolis.

Musée International du Scaphandre

Présentation
A. Espace accueil Hall d'entrée / guichets Vente de produits dérivés
B. Espace d'Exposition Salles d'exposition Sas d'entrée, de liaisons Salle de présentation audio-visuelle Salle d'expositions temporaires
C. Espace Piscine Démonstrations / baptêmes pieds lourds
D. Espace Animation Salle de conférence et projection ( Amphi ) Salles de travail
E. Espace ludique et éducatif Activités tournées vers les enfants
F. Espace administratif Bureaux / appartement gardien
G. Espace technique Atelier / réserves / machinerie
H. Parking

Introduction

Créé en 1980 à l'initiative de Lucien Cabrolié, le Musée du scaphandre occupe depuis une partie du rez-de-chaussée de l'ancienne église St Jean-Baptiste mise en 1975 à la disposition des collections du Musée Vaylet. Le musée du scaphandre est donc hébergé, pour une surface de 250 m2, par le musée des Arts et Traditions Populaires. Cette formule, qui a donné toute satisfaction à ce jour, montre actuellement ses limites. En effet, l'extension continue du musée du scaphandre ne permet plus de présenter les pièces dont le musée ne cesse de s'enrichir chaque année faute de place. Ce manque d'espace s'avère de plus en plus préjudiciable pour un musée dont la notoriété nationale et internationale ne cesse de croître, notoriété dont l'exposition internationale de Vigo ( Espagne ) fournit un nouvel exemple. Devant cette situation, les responsables du musée ont engagé une réflexion afin de dégager diverses solutions à ce problème. Le transfert du musée dans le bâtiment des anciennes prisons qui abrite le Musée du Rouergue, transfert envisagé ces dernières années, ne paraît convenir qu'à une solution provisoire qui ne saurait traiter le problème sur le long terme. Diverses considérations ont conduit naturellement la réflexion dans une direction totalement nouvelle permettant de concilier toutes les exigences propres à l'extension du musée : un bâtiment entièrement nouveau situé autant que faire se peut au bord du Lot, l'élément aquatique constituant l'application la plus importante du scaphandre. La présence d'une rivière de cette importance au milieu de la vallée représente un point quasi incontournable dans la réalisation de ce projet. La ville d' Espalion constitue un autre point important, un musée consacré aux inventions de Rouquayrol et Denayrouze ne pouvant être dissocié de la cité qui les a vu naître. Enfin la réflexion oriente le projet vers un cadre élargi : un Centre International du Scaphandre dont la partie muséographique constituerait le noyau central en tant qu'espace d'exposition, mais ne saurait résumer l'ensemble des activités du Centre. Ce document a pour but de dégager une série de pistes destinées à la mise à l'étude d'un projet qui présente de sérieux atouts autant historiques que touristiques pour Espalion, sa vallée et l'Aveyron dans son ensemble.

Historique du musée

En 1860, Benoît Rouquayrol, ingénieur des mines aux houillères de Decazeville, dépose un brevet pour un " régulateur pour l'écoulement des gaz comprimés " destiné à un appareil de sauvetage pour les mineurs, une sorte de poumon artificiel permettant d'évoluer dans les atmosphères toxiques. En 1864, Auguste Denayrouze, lieutenant de vaisseau, réalise tout l'intérêt que l'invention de Rouquayrol présente pour la pénétration du monde sous-marin et l'aide à adapter son régulateur pour en faire le premier scaphandre de plongée autonome possédant un détendeur à membrane assurant l'alimentation du plongeur à la demande. En 1867, l'écrivain Jules Verne découvre cet appareil lors de démonstrations à Paris. Travaillant à l'écriture de " 20 000 lieues sous les mers ", il a l'idée d'en doter le capitaine Nemo et ses hommes lors de leurs sorties hors du Nautilus, assurant ainsi une renommée internationale à l'invention des espalionnais. En 1980, autour de ces inventions et après 5 années de préparation et de recherches, le musée du scaphandre ouvre ses portes. Le 21 juin il est inauguré par l'amiral Wolf entouré des plus éminentes personnalités du monde sous-marin. Depuis lors, le musée n'a cessé de s'enrichir grâce à de nombreux soutiens : Musée Océanographique de Monaco, Musée de la Marine et Musée des Techniques à Paris, Marine Nationale à Toulon et à Brest, les sociétés Comex, Elf-Aquitaine, Lama, Spirotechnique, Cristal ou Sogetram, les familles Piel, Rouquayrol et Denayrouze, ainsi que de nombreux professionnels et plongeurs émérites et passionnés tel que Robert Sténuit, Marc Jasinski ou Jean-Michel Cousteau. Ce musée, riche à ce jour de plus de 300 pièces, présente un historique, de l'antiquité à nos jours, de la passionnante et difficile conquête des milieux sous-marins, de la constante évolution des matériels et des techniques, ainsi que du courage et de l'imagination des hommes qui se lancèrent dans cette fabuleuse aventure. Il constitue pour les plongeurs du monde entier un témoignage irremplaçable de ce que fut la vie et l'histoire de ceux qui ont ouvert les portes de ce monde sous-marin qui nourrit leur passion.

Ce document a pour but de dégager une série de pistes destinées à la mise à l'étude d'un projet sur un centre concernant non seulement le monde sous-marin à travers l'histoire de ses techniques : scaphandres, sous-marins, cloches et tourelles, etc… mais également les applications terrestres du scaphandre: mines, pompiers, etc....Ce musée du scaphandre présente des pièces très intéressantes dans un espace réduit : 2 salles sur 450 m2 ce qui est nettement insuffisant pour un sujet qui pourrait occuper plus de 3000 m2 pour la seule exposition de pièces, d'où l'impossibilité de tout espace interactif et ludique indispensable pour l'accueil des enfants. La municipalité ne voit aucun intérêt à la création d'un musée digne de ce nom et l'association n'a pas les moyens d'une telle réalisation.

Espace d' Exposition

Salle 1 Le scaphandre autonome : De la mine à la mer

Salle articulée autour de l'invention du régulateur pour le sauvetage dans les mines et des inventions de Rouquayrol et Denayrouze concernant la plongée autonome. Elle comprend des scaphandres autonomes sans détendeur (reconstitution du scaphandre de Lemaire D'Augerville) ainsi que des appareils montrant l'évolution de la plongée autonome moderne, en mer comme en spéléologie. Une large place est également accordée aux utilisations de scaphandres autonomes en milieux non aquatiques, notamment dans le domaine de la sécurité (pompiers, centrales nucléaires, etc..) ou dans celui de l'espace.

Salle 2 Les Pieds - Lourds Les travailleurs sous la mer

Salle consacrée aux équipements individuels non autonomes car reliés à la surface dont ils reçoivent l'air par le biais de tuyaux et de pompes, voire de soufflets pour les plus anciens (scaphandres de Kreeft ou de Beauve). Elle relate la grande aventure des scaphandres à casque, surnommés " pieds lourds ", de 1830 à 1973, dans tous les domaines où ils ont exercé leurs talents. Les pièces maîtresse en sont l'appareil plongeur à groin de Rouquayrol et Denayrouze de 1864 dans sa version non autonome, des pieds lourds de diverses nationalités, ainsi que divers modèles de pompes à bringuebale ou à volants.

Salle 3 Les appareils sous-marins Des cloches aux abysses

Salle consacrée à tous les appareils autres que les équipements individuels autonomes ou non. La première partie concerne les cloches à plongeurs décrites dès le Ive siècle avant J.C. par Aristote, une technique utilisée jusqu'au XIXe pour les cloches proprement dites et jusqu'à nos jours avec leurs héritières, les tourelles de plongée. La seconde est consacrée aux sous-marins et aux submersibles avec des maquettes des principaux engins qui ont marqué l'histoire, de la " tortue " de Busnell aux sous-marins atomiques, en passant par le tonneau de Lethbridge. Une place spéciale est réservée aux scaphandres métalliques articulés, véritables sous-marins à forme humaine.

Salle 4 Le monde de l'imaginaire De la littérature au cinéma

Salle consacrée à l'imaginaire quelqu'en soit le support. De la littérature au cinéma en passant par la bande dessinée, elle permet de voir comment les hommes à travers les âges ont imaginé l'univers sous-marin et les solutions parfois géniales, parfois farfelues qu'ils ont conçus pour la pénétration des fonds marins. Une place spéciale est évidemment réservée à Jules Verne dont le roman " 20 000lieues sous les mers " est intimement lié à la diffusion de l'invention du scaphandre autonome par Rouquayrol et Denayrouze. La plus grande partie de cette salle est du domaine de l 'iconographie, dont la place ne cesse de grandir dans l'étude de l'histoire des relations de l'homme et de la mer.

Salles annexes dans les couloirs de liaisons Petites salles circulaires consacrées à des matériels spécifiques pouvant difficilement être classés dans les catégories précédentes car appartenant à plusieurs systèmes, tel le scaphandre de Klingert. Salle de présentation audiovisuelle Situé au départ de la visite elle permet de présenter l'histoire de la pénétration des fonds marins et l'historique du musée à partir d'un court-métrage d'une dizaine de minutes. Sa capacité d'accueil est d'environ 100 places.

Salle d'expositions temporaires Espace réservé à des expositions à thèmes explorant le vaste domaine d'utilisation du scaphandre. Ces expositions peuvent présenter un sujet tel que la peinture sous-marine ou la plongée souterraine, ou être consacré à un personnage marquant dans l'aventure subaquatique, etc…

Espace Piscine

Salle se décomposant en 2 niveaux, le niveau 2 étant surélevé de 3 mètres par rapport au niveau 1

Niveau 1 Salle située en contrebas de la piscine et comportant sur le mur de celle-ci des hublots rectangulaires de vision pour assister aux démonstrations de plongée, en scaphandre pieds lourds notamment. Cette salle peut également contenir des aquariums, des maquettes ou toute autre présentation de matériels ou d'iconographie.

Niveau 2 Piscine semi-circulaire permettant des plongées de démonstration ou des baptêmes avec des matériels historiques, autonomes ou pieds lourds, ainsi que des plongées d'initiation à destination des enfants avec la possibilité de mise en place de programmes spécifiques en collaboration avec les établissements scolaires. Cette piscine peut être organisée comme un milieu sous-marin et contenir quelques poissons de rivière. Elle est équipée de hublots de vision déjà mentionnés, de lampes permettant un éclairage de couleur (blanc, bleu, vert et jaune orangé) en monochromie ou en combinaison. Un escalier équipé d'un plan incliné en son centre, une pente munie d'une double rampe, permet la descente des scaphandriers et l'alimentation en air est assurée d'une part par des pompes (à bringuebales ou à volant), d'autre part par une prise d'air comprimée (bouteille ou compresseur). La présence du Lot à proximité immédiate du centre permettrait d'alimenter la piscine par pompe et système filtrant. Une liaison directe avec le Lot par le biais d'un plan incliné permettrait des plongées pieds lourds dans la rivière avec adjonction d'un quai de bois pour les manœuvres et l'amarrage de barges, et de terrasses aménagées pour le public. Possibilité de spectacles avec structures immergées.

Espace Animation

Cet espace se décompose en une salle de conférence et plusieurs salles de travail mises à la disposition d'associations désirant tenir des assemblées ou séminaires de travail, la visite du musée étant comprise dans la location des salles. Salle de conférence se présentant sous la forme d'un amphithéâtre, comprenant de 500 et 1000 places et disposant d'une scène pour accueillir des conférenciers, des responsables d'association, etc.… Elle dispose également d'un ensemble audiovisuel pour la projection de films, ce qui peut permettre à terme d'organiser des manifestations diverses, tel une semaine consacrée au cinéma sous-marin ou tout autre thème en rapport avec la plongée. Salles de travail servant de complément à la salle de conférence pour des travaux concernant des groupes plus réduits.

Espace ludique et éducatif

Espace destiné aux enfants permettant d'utiliser l'interactivité et des mises en situation sous une forme ludique.

Effets sonores: découverte par l 'enfant de l'univers sonore du monde sous-marin tels que bruits divers émis par les appareils de plongée qu'il s'agisse des bulles d'un scaphandre autonome ou du fonctionnement d'un sous-marin, chants des baleines ou dauphins, etc… Au-delà de l'aspect ludique, cet espace peut également faire place aux recherches musicales mettant en jeu des aspects aquatiques ainsi que permettre une approche du monde sous-marin pour les non-voyants.

Effets visuels: création d'un aquarium construit autour d'un casque pieds lourds permettant à l'enfant de se faire une idée de la vision dans ces appareils. Visite d'engins tel une tourelle de plongée, manipulation d'une cloche à plongeurs en verre emportant une bougie allumée, etc… Découverte des techniques de respiration sub-aquatiques, des phénomènes liés à la vision sous-marine.

Espace iconographique particulier tourné vers l'enfant, axé sur la bande dessinée et le dessin animé et utilisant des constructions scéniques à base de figurines et appareils du monde du jouet.

Conclusion

Par son thème et sa structure, ce projet d'un Centre International du Scaphandre s'inscrit parfaitement dans le cadre des projets sollicités par l'Europe. Ce projet peut s'appuyer sur une audience auprès de tout ce que le monde de la plongée compte de sommités tant dans le domaine de l'exploration des fonds marins que dans le domaine scientifique. Aux personnalités du monde de la mer peuvent s'ajouter des soutiens du monde politique dans des domaines aussi divers que la culture, le tourisme ou l'industrie.

Critères des sites potentiels

Les sites potentiels pouvant accueillir la future implantation du centre doivent répondre à plusieurs critères dont la définition doit permettre de guider la recherche.
1. La présence d'un plan d'eau. L'implantation en bordure d'un plan d'eau (mer, lac ou fleuve) paraît indispensable pour un centre consacré à l'histoire de la pénétration des milieux aquatiques qu'ils soient maritimes ou non. Le secteur concerné doit présenter une certaine profondeur ou la possibilité d'un aménagement dans ce sens afin de faire évoluer certains matériels, notamment des pieds lourds, dans cet espace.
2. L'accessibilité. Outre l'aménagement d'une aire de stationnement devant recevoir voitures, camping-cars et autocars, l'accès au centre doit tenir compte du gabarit de ces véhicules qui doivent pouvoir manœuvrer aisément et en toute sécurité.
3. La spécificité architecturale. Les contraintes architecturales liées aux spécificités régionales pouvant difficilement s'appliquer à un bâtiment qui possède lui-même, par sa fonction, ses propres critères, il est nécessaire de l'isoler de l'habitat traditionnel et ne peut donc se situer dans la ville. Le centre doit être par son architecture parfaitement identifiable dés l'abord.