3 Inventeurs Espalionnais
Benoît ROUQUAYROL
1826 - 1875

Ingénieur aux mines à Decazeville (Aveyron), Benoît Rouquayrol, né à Espalion (12) le 13 juin 1826, est préoccupé par les accidents dus au grisou et à l'impossibilité d'intervenir dans les galeries noyées par les gaz. De 1860 à 1863, il dépose 3 brevets pour un appareil de sauvetage en milieux délétères.

14 avril 1860 "Régulateur destiné à régulariser l'écoulement des gaz comprimés"
16 janvier 1862" Isoleur Rouquayrol" comprenant le régulateur et un masque avec pince-nez et ferme-bouche
25 août 1863Pompe soufflante spéciale (pistons fixes et corps de pompe mobiles) à joints hydrauliques

En 1863 il obtient une médaille d'or à l'Exposition de Nîmes

 
Auguste DENAYROUZE
1837 - 1883

Né le 1 octobre 1837 à Montpeyroux (12) sur l'Aubrac, Auguste Denayrouze est reçu à l'Ecole Navale en 1852. Promu lieutenant de vaisseau en 1862, il prend part à une expédition en Cochinchine où il contracte une une grave affection qui le rend inapte au service en mer. Au repos à Espalion, il s'intéresse aux inventions de Rouquayrol dont il décèle les possibilités d'adaptation aux travaux sous-marins.

En 1864 les 2 hommes se lancent dans la réalisation de " l'appareil plongeur Rouquayrol-Denayrouze". Au mois de juin, un additif aux 3 brevets de Rouquayrol constitue l'acte de naissance du premier scaphandre autonome muni d'un détendeur délivrant l'air à la demande.

En février 1865, création de la "Société Rouquarol-Denayrouze". Auguste va se charger d'assurer le développement et la commercialisation des inventions tant au niveau des marines nationales que des sociétés privées. Il crée la "Société Française de Pêche aux Eponges" pour la Méditerranée orientale.

 
Louis DENAYROUZE
1848 - 1910
Frère d'Auguste, né le 17 mai 1848, Louis Denayrouze est reçu à l 'Ecole Polytechnique en 1867. En 1869, Auguste lui confie la gérance de la " Société des Eponges" basée à Smyrne pour commercialiser l'appareil-plongeur. En 1874 la société est dissoute pour créer la "Société des Spécialités Mécaniques Réunies" dont il devient directeur. Esprit inventif il prend plusieurs brevets :
2 juin 1872

l'"Aérophore" appareil destiné au travail dans les mines, ainsi qu'une lampe à pétrole étanche utilisable en version sous-marine

février 1874 le " Cornet acoustique sous-marin ". Destiné à être fixé sur le casque du scaphandrier à la place d'un des hublots latéraux, l'invention du téléphone le rendra caduc avant d'avoir pu être utilisé.

En dehors du domaine du scaphandre, Louis va oeuvrer dans la littérature (romancier,poète, essayiste, auteur de pièces de théâtre et de nouvelles). Il s'intéresse aussi à l'éclairage électrique, un domaine qui va faire sa fortune.

 
1860 - le Régulateur
détail d'une gravure
(Musée de la Mine à Aubin)

le régulateur de Benoît Rouquayrol (1860)

Le 14 avril 1860 Benoît Rouquayrol prend un brevet pour un régulateur destiné à un appareil de sauvetage pour secourir les mineurs pris dans les gaz lors des coups de grisou et les inondations de galeries. L'appareil se compose d'un réservoir R1 alimenté par une pompe et surmonté du régulateur R2. La possibilité de stocker l'air sous pression dans le réservoir va permettre d'aller vers l'autonomie, malgré les limites de temps d'utilisation dfixées par les matériaux de l'époque.

2 modèles du régulateur furent construits au début des années 1860:
1. le type" basse pression" (8 et 25 litres), relié à une pompe, pour interventions rapides en mer ou pour le sauvetage (mines ou incendies)
2. le type "haute pression" (35 litres), autonome, pressurisé à 30 kg, autorisant une plongée d'une demi-heure à 10 m.
Un modèle en fer avec rivets de renfort pouvait être pressurisé à 40 kg

En 1864 Rouquayrol a dessiné un régulateur à 2 étages pour faciliter l'écoulement de l'air de la haute à la basse pression. Un système toujours utilisé dans les détendeurs actuels.

Croquis d'après le dessin original de 1860

sommaire

 
1864 - le Scaphandre Autonome

le Rouquayrol-Denayrouze 1864

L"association de Rouquayrol et des frères Denayrouze va faire passer l'invention de la mine à la mer.

En juin 1864 l'appareil devient autonome, un clapet anti-retour permettant de créer une réserve d'air comprimé. Le cuivre ne pouvant supporter une pression supérieure à 30 bars, la plongée reste très limitée, mais le scaphandre autonome est né, son développemnt au XXe siècle sera rendu possible par de nouveaux matériaux plus résitants.

Premier appareil autonome de l' histoire doté d'un réservoir d'air comprimé associé au détendeur à la demande , le RD 1864 présenté au musée constitue à ce jour l'unique exemplaire original de cet appareil existant au monde. Il a été donné au musée par la société Piel, 1er constructeur français de scaphandre pieds-lourds et successeur des sociétés Denayrouze et Charles Petit.

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