les Pieds -Lourds

les Précurseurs

Au XVIIIe siècle, les plongeurs recherchent le moyen de s'affranchir de l'absence de mobilité de la cloche à plongeurs. Les recherches vont porter sur la création d'un équipement individuel alimenté en air depuis la surface par un soufflet avec un tuyau d'alimentation et un tuyau d'évacuation. A partir de 1715 vont apparaître des habits-plogeurs qui ne portent pas encore le nom de "scaphandre", un terme inventé en 1775 par l'Abbé de La Chapelle.

les habits-plongeurs

Reconstitution pour le film "Ridicule"
Musée Frédéric Dumas - Sanary (83)

1715 - France - Habit-plongeur du chevalier Pierre De Rémy De Beauve

L'habit est composé d'un corset de fer destiné à protéger le torse de la pression de l' eau, corset sur lequel vient s'emboîter un casque équipé de 2 verres pour la vision. Sur le corset, une jaquette de cuir assure l'étanchéité grâce à une fermeture dorsale par des baguettes de cuivre. Un pantalon et des chaussures plombées complètent la tenue. Deux tuyaux venant de la surface assurent la ventilation du casque par un soufflet.

XVIIIe - Finlande - "The Old Gentleman" du Musée de Raahe

Parfois condidéré comme le plus vieux des habits-plongeurs, il est en cuir de veau et son origine est inconnue

 

 

Copie de 1988 utilisée en démonstration

1715 . Allemagne - Habit-plongeur d' Andreas Becker
Il inspire en 1717 celui de Christian Caspar Von Hoppenstedt.

1715 . Russie

Un habit-plongeur de même type aurait été créé par un certain Ekimov

 

sommaire

Augustus SIEBE
1788 - 1872
Né en Saxe en1788, Augustus Siebe part faire des études de chaudronnerie à Berlin où il montre un grand talent dans la construction et la réparation d'outils et instruments mécaniques. Officier d'artillerie dans l'armée Prussienne à Waterloo, il émigre en Angleterre en 1816. Il s'installe à Londres et en 1819 monte sa propre affaire. Ses diverses inventions finissent par lui valoir un prix de la "Société des Arts". Il est possible que cette notoriété soit à l'origine de sa rencontre avec les frères Deane et la plongée sous-marine.

les frères Deane

Casque à fumée (1823)

En 1823 John et Charles Deane prennent un brevet pour un appareil pour fumées constitué d'un casque en métal fixé sur une jacquette en tissu et d'une pompe. Dans les années 1825-1830 ils créent une société de récupération des filets et ancres perdues par les pêcheurs. Pour transformer leur casque à fumée en casque de plongée, Charles Deane fait appel à Augustus Siebe qui réalise vers 1830 un casque en cuivre.

Joseph-Martin CABIROL
1799 - 1874
Chapelier Bordelais, Cabirol invente une toile caoutchoutée qu'il utilise pour toutes sortes d'habits imperméables. Homme d'affaires entreprenant, il décide au début des années 1850 de se lancer dans le domaine des scaphandres, bien que dépourvu de toute connaissance technique dans ce domaine. Utilisant les brevets de Siebe, il crée un ensemble avec pompe, casque et habit utilisant sa toile aussi efficace et moins cher que son concurrent anglais. Fort de ses succès à l'Exposition Universelle de Paris en 1855, il obtient, le 3 juin 1857, son premier marché avec la Marine Impériale. Il devient le premier constructeur français de scaphandres pieds-lourds.
sommaire
DENAYROUZE

En 1872 Auguste Denayrouze décide, devant les difficultés recontrées par l'habit-plongeur, de créer son propre scaphandre à casque pour concurrencer les scaphandre Siebe et Cabirol. En Janvier 1873, il propose au ministre de la Marine un scaphandre doté de plusieurs améliorations:

1.

Utilisation du casque à 3 boulons créé en 1867 pour remplacer le masque "à groin" de l'habit-plongeur. Dans le modèle pour pieds-lourds, il est débarassé de son embout buccal.

2.

Adjonction d'un bouton-poussoir permettant au plongeur d'agir sur la soupape par une pression de la tête

3.

Création d'un réservoir intermédiaire entre la pompe et le plongeur assurant la régularité du débit d'air et supprimant les a-coups de la pompe dans les oreilles du plongeur
  
A ces améliorations s'ajoutaient 2 accessoires indispensables:
1.une lampe à pétrole sous-marine (brevet Louis Denayrouze - juin 1872)
2.
un cornet accoustique (brevet Louis Denayrouze - février 1874) permettant la communication entre le plongeur et la surface, première étape du téléphone sous-marin.
  
l' Equipement des Pieds-Lourds
Le premier casque a été finalisé en 1836 par Augustus Siebe à partir du casque à fumée des frères Deane, avec l'apport de Georges Ewards qui eut l'idée de séparer le bonnet de la pèlerine.
Mark V US 12 boulons
DESCO 1951
Denayrouze 1873
à 3 boulons
Denayrouze 1889
à crochet
les Hublots
Les hublots sont de tailles et de formes différentes, protégés ou non par des grilles de cuivre. Siebe crée un casque à 3 hublots auquel Cabirol ajoute un hublot frontal, ou top light, pour voir vers le haut. Les hublots protégés varient selon les casques. L'alimentation en air arrive dans le casque par des déflecteurs plats qui, placés au-dessus des hublots, permettent d'éliminer la buée.
les Fixations
2 systèmes de fixation sur l'habit vont voir le jour au cours du XIXe siècle:
1Le système Siebe à 6 ou 12 boulons. Le bonnet et la pèlerine sont reliés par un vissage à baïonnette à tiers de tour et le casque est fixé sur l'habit par une collerette à 6 ou 12 boulons (le système pouvant aller de 2 à 14 boulons)
2Le système Denayrouze à 3 boulons. Le bonnet et la pèlerine sont reliés par 3 boulons, la collerette de l'habit étant pincée entre les 2 pièces.
En 1889 Denayrouze met au point un système de fixation à crochet qui, bien qu'adopté par plusieurs constructeurs, ne connaîtra pas le succès escompté auprès des plongeurs qui n'avaient pas confiance dans cette fermeture.
le Robinet et la Soupape
soupape Denayrouze à bouton-poussoir (1873)
le Robinet

la Soupape

Denayrouze
Siebe-Gorman
Heinke
Draeger
Mark V

 

 
la "Peau-de-bouc"

Surnommée "peau-de-bouc" par les plongeurs, la combinaison est constituée d'une couche de caoutchouc entre 2 couches de toile la rendant d'une parfaite étanchéité. Autour des poignets, des bracelets en caoutchouc assurent l'étanchéité des manches. Sous la combinaison les plongeurs utilisaient des vêtements de laine pour se protéger du froid et éponger la sueur, ainsi qu'un bonnet pour protéger la tête des coups contre le casque.

le bonnet rouge
Utilisé par le Cdt Cousteau, ce bonnet de couleur rouge a fait couler beaucoup d'encre quant à son origine.
Il s'agit en fait de l'un des bonnets utilisés par les bagnards de la chiourme de Toulon, Brest ou Rochefort, bonnets de couleurs différentes selon le type de condamnation: rouge pour les condamnés à des peines légères, verte pour les condamnés à perpétuité. A partir du XIXe siècle l'apparition des canons entraîna la fin des galères et les bagnards furent utilisés pour des travaux pénibles et servirent, entre autres, de personnel d'appoint aux équipes de scaphandriers. Après la fermeture des bagnes métropolitains en 1873, les plongeurs continuèrent à utiliser ce bonnet sous leur casque et il devint alors le signe distinctif des plongeurs pieds-lourds. La disparition des scaphandriers le fit passer à la plongée autonome et à la postérité.
les Poids

les chaussures

Les chaussures de cuir ou de toile à semelles de plomb avec embouts de bronze pèsent environ 10 kgs pièce et ont donné leur surnom de "pieds-lourds" aux scaphandriers à casque.

 

les plombs de poitrine et de dos

Coulés dans des moules en bois, les poids en plomb sont fixés sur les tenons de la pèlerine par des agrafes de laiton. Appelés "médailles" et placés sur la poitrine et le dos, ils sont reliés entre eux par une corde appelée "sous-cutale" et surnommée "trousse-couilles" par les plongeurs. Les poids de poitrine pèsent 18 kgs et ceux de dos 16 kgs .

les Pieds-Lourds dans le monde
la bande dessinée

Tintin et le Trésor de Rackham le Rouge

Le casque utilisé par Hergé dans cette bande dessinée est un Denayrouze 1889 à crochet

Haut de page