Cloches et Tonneaux
les Précurseurs
les Cloches à Plongeurs
les Tonneaux
les Précurseurs
Le Tonneau d'Alexandre (IVe siècle av.JC)
En 322 av.JC, durant la construction d'Alexandrie, Callisthène rapporte un épisode dans lequel Alexandre le Grand aurait fait construire un tonneau (ou un coffre), baptisé "Olympha", équipé de vitres qui, suspendu à son navire, lui aurait permis d'effectuer une plongée dans les eaux du port.
La Cloche d' Aristote (IVe siècle av.JC)
Au temps d'Aristote, précepteur d'Alexandre, on employait des cloches pour amener de l'air aux plongeurs qui récoltaient des éponges. Aristote les décrit comme des chaudrons renversés. Elles étaient alimentées en air par des tuyaux qu'il compare à des trompes d'éléphants
les Cloches à plongeurs
La Cloche de Lorena (1531)
En 1531 l'italien Guglielmo Lorena construit un tonneau d' 1 m de long sur 0m 60 de diamètre avec lequel il effectue, avec son ami De Marchi, des plongées dans le lac Nemi à la recherche des galères de cérémonie de Caligula. Ce tonneau est une sorte de cloche individuelle. Ses recherches semblent n'avoir eu aucun succès. Bien plus tard l'assèchement du lac fera réapparaître les galères qui seront détruites par un incendie.
La Cloche de Halley (1690)
En 1616 l'allemand Franz Kessler dessine la première cloche de plongée.

En 1690 l'astronome anglais Edmund Halley reprend l'idée de Kessler et construit une cloche recouverte d'une couche de plomb pour la protéger de la pression et pouvant accueillir 2 plongeurs. Il imagine un renouvellement de l'air à l'aide de tonneaux lestés et percés. En s'enfonçant dans l'eau ils se remplissent ce qui permet de comprimer l'air pour l'amener à la pression de la cloche.

Sir Edmund Halley
(1656-1742)

La Cloche de Spalding (1775)

En 1775 l'écossais Charles Spalding modifie la cloche de Halley en remplaçant les poids latéraux par un poids central manoeuvré par un palan, améliorant ainsi la stabilité de la cloche. Le poids mobile permet de positionner la cloche à la profondeur voulue par les plongeurs eux-même. De plus le poids est largable en cas de nécessité, permettant à la cloche de remonter rapidement par sa flotabilité. La cloche est également dotée de hublots et d'un cloisonnement en partie haute servant de ballast. Pour le renouvellement de l'air Spalding utilise le système de Halley.

Mais en 1783 alors qu'il travaille avec son fils sur une épave à Dublin, Spalding est victime d'un accident mortel. Mais sa mort est-elle vraiment accidentelle par asphyxie ou Spalding avait-il découvert, comme on l'a dit à l'époque, la vérité sur certains naufrages? D'après un journal, Spalding serait mort de suffocation sans avoir eu le temps de couper la corde du poids central, ce qui paraît tout à fait douteux.

La Cloche de Smeaton (1786)

En 1786 l' anglais John Smeaton construit une cloche en fonte pour le port de Ramsgate. Il utilise comme Halley une forme de cône tronqué. La cloche est rendue plus stable par un poids central largable en cas de danger. Il remplace le système des tonneaux de Halley par une pompe foulante.

La Cloche de Rennie (1812)

En 1812 l' anglais Rennie renonça à la forme tronquée pour une cloche parallélipipèdique et créa un portique sur rails pour le déplacement de la cloche dans le port. 12 ouvertures pourvues de lentilles de verres sont effectuées sur le pourtour de la cloche. La manoeuvre de descente dans l'eau est effectuée à l'aide d'un cabestan. La cloche peut être installée sur un bateau où elle est manoeuvrée à partir d'un portique en déport de la proue. Cette conception est utilisée en 1817 pour une cloche destinée à nettoyer la passe du port de Cherbourg. Pour une raison inexpliquée le renouvellement de l'air va reprendre la technique des tonneaux de Halley alors que les pompes foulantes sont en service depuis près de 30 ans

 

 

La cloche de Cherbourg (1817)

les Tonneaux : Lethbridge et Rowe
Le Tonneau de Lethbridge (1715)

John Lethbridge (1675-1759) est un marchand de laine de Newton Abbot dans le Devon anglais. En 1715 il invente une machine à plonger sous la forme d'un tonneau fermé. Il se compose de douves de chêne jointées au moyen de mortaises et cerclées de fer. Il est percé de 3 ouvertures circulaires, l'une muni d'un verre épais pour la vision du plongeur et les 2 autres équipées de manchettes de cuir pour la sortie des bras. Le fond du tonneau est fixe et le plongeur entre par le haut, fermé ensuite de manière hermétique. Une masse de métal fondu leste la partie ventrale pour assurer la descente. Entre chaque plongée, 2 ouvertures placées aux extrémités du tonneau permettent de le ventiler au moyen d'un soufflet. Les expériences de Lethbridge lui montrent que l'appareil est opérationnel jusqu'à 18 m de profondeur.

En 1734, il effectue des plongées à Marseille sur l'épave de "la Victoire" pour récupérer des piastres. Ses plongées sont décrites ainsi que le tonneau par des lettres de Mr D'Héricourt, intendant aux galères. Son invention va faire sa fortune. Il est enterré dans l'église de Wolborough à Newton Abbot.

( Mesures du tonneau : longueur 5 pieds (1 m 62) diamètre à mi-hauteur : 2 pieds (0 m 65) épaisseur des douves : 3 pouces (8 cm)

Le Tonneau de Rowe

Souvent confondu avec celui de Lethbridge, le tonneau de Jacob Rowe s'en distingue par une forme légèrement incurvée au niveau des jambes pour relever celles-ci. Entrepreneur de sauvetage, il participe en 1720 avec Lethbridge à la récupération de barres d'argent sur l'épave du Vansittart coulé en 1719 au Cap-Vert. On peut supposer qu'à la suite de ce sauvetage il a copié son tonneau sur celui de Lethbridge, relevant simplement les jambes pour des problèmes de circulation sanguine.

Il a laissé un Traité sur la plongée décrivant la construction et le fonctionnement de son appareil. Il s'agit de la première monographie anglaise connue sur la plongée et le seul des quelques traités écrits sur le sujet qui date du XVIIIe siècle.