Visite de la Ville

Statue de scaphandrier en bronze
inaugurée sur les bords du Lot en juin 2000 pour les 20 ans du musée du scaphandre,
elle représente l'équipement du capitaine Nemo et ses hommes
la Ville
le Cazal

Dès le XIVe siècle, la ville, entourée d'un rempart, s'articule autour de 3 rue principales: la rue Droite, la rue Méjane et la rue dernière (actuelle rue du Plô). La ville est traversée par l'ancenne voie de Rodez au Puy qui, arrivant au sud par la calade, suit la rue Droite qui s'évase à l'entrée du pont en formant la place du Griffoul où se trouvait une fontaine. Les rues Méjane et du Plô partent de la place de la ventade (actuelle place du puits) où se trouve le cazal, la première maison commune de la ville.

rue Droite

Au pied d'un menhir, un lion couché, tenant une épée sous les pattes avant, fait face à une bergère qui tend une branche de lauriers. L'ensemble, d'une grande originalité, est du au sculpteur Arsal.

le Pont-Vieux

Pont roman édifié sans doute au XIe siècle après un pont primitif à tablier de bois construit par les seigneurs de Calmont vers le IXe siècle. C'est autour de ce pont que va s'édifier la ville d'Espalion à partir du XIIe siècle.

Le pont est à l'origine à 5 arches, la première, côté ville, étant enfouie sous la place du Griffoul.

Dès la construction du pont de grès, il y fut édifié un grand nombre de petites boutiques ou "obradors" destinées à la vente de produits divers. Au XIVe siècle, elles étaient si nombreuses qu'une ordonnance de 1333 dut les règlementer. Le cadastre de 1403 en dénombre une vingtaine installées de chaque côté du pont.

Au XVIe siècle, le pont menaçant de s'écrouler, il fut décidé de le renforcer en construisant sous les arches d'origine (1) des arcs de soutènement (2) qui lui donnent un aspect de pont à double rouleau qu'il n'est pas. En 1699 on décida un élargissement du tablier en créant des arceaux en encorbellement (3) qui permirent de gagner 35 cm et soutiennent aujourd'hui encore les parapets.

  
Au milieu du XIVe siècle le pont fut inclu dans l'ensemble des fortifications de la ville. Côté cité une tour fermait l'entrée du pont, suivi sur la première pile d'une tour de guet. Une troisième tour dite " Nostre-Dame" fut édifiée côté faubourg avec la mention " contre la barbacane ", ce qui ne laisse aucun doute sur la position de cette tour. En 1588, la dernière arche fut remplacée par un pont-levis jusqu'en 1724.
 
le pont vers 1650
En 1841 un nouveau pont est construit en aval pour faire face à l'accroissement de la circulation.
Le Pont-Vieux a été classé monument historique en 1888.
le Vieux-Palais

Construit en 1572 par Bernardin de la Valette, capitaine engagé par les consuls pour assurer la défense de la ville en ces temps de guerres de religion, le bâtiment est racheté en 1599 par la cité pour 3600 livres afin d'en faire la Maison Commune. Au XVIIe, une partie des locaux fut affectée aux écoles.

En 1799 Espalion devint sous-préfecture et fut dotée d'un Tribunal d'Instance qui fut installé dans le bâtiment. C'est à ce tribunal qu'il doit son nom de Vieux-Palais (de justice).

En 1897 la mairie fut transférée dans l'église St Jean-Baptiste et le Vieux-Palais fut laissé à l'abandon.
Classé monument historique en 1912.
En 1936 la Caisse d'Epargne de l' Aveyron rachète le bâtiment pour y installer ses bureaux et permet à Joseph Vaylet d'utiliser le rez-de-chaussée et la terrasse pour son Musée d'Arts et Traditions Populaires. En 1992 le bâtiment est racheté par l'Association de Renaissance du Vieux-Palais.
Pénitents et Ursulines

En 1668, sur proposition du père Miguel, jésuite et prédicateur du carême et de l'Avent, la confrèrie des Pénitents Blancs s'installa à Espalion. La chapelle de l'hôpital, au faubourg, fut mise provisoirement à leur disposition.

En 1700 les pénitents trouvèrent les ressources nécessaires pour faire bâtir leur propre chapelle, contre le rempart, dans la rue du Plô. Ils purent utiliser les matériaux de démolition de la tour d'entrée du pont, à charge pour eux de payer les frais.

En 1704, après 4 ans de travaux, la confrérie s'installa dans la chapelle où elle demeura jusqu'à la Révolution.

 

La chapelle, dédiée à la Circoncision, a été décorée au XIXe siècle par le peintre et sculpteur Louis Castanié, auteur également de la Vierge de Vermus.

La confrérie a été supprimée en 1927.

(voir la rubrique "Musées/Chapelle des Pénitents")

les Ursulines
la chapelle des Ursulines

En 1633 Marie-Madeleine du Prat installe l'ordre des Ursulines pour l'éducation des jeunes filles. Le couvent construit en 1672 marque le début de l'expansion du faubourg sur la rive droite du Lot. Durant la Révolution Française le couvent sert de prison, puis est vendu comme bien national. De 1808 à 1895 il sert de collège.

En 1806 les confrèries des pénitents blancs et bleus fusionnent et s'installent dans la chapelle des Ursulines. En 1837 les pénitents rachètent leur chapelle.

Le couvent est détruit au milieu du XXe siècle pour construire la poste sur son emplacement. Le portail de la chapelle a été reconstitué sur la rive gauche, dans la rue St Joseph qui mène au foirail.

l' Eglise St Jean-Baptiste
Ancienne église St Jean-Baptiste
(XVe siècle)

Jusqu'au milieu du XVe siècle la ville était desservie pour la pratique du culte par 2 églises situées hors les murs: l'église de Perse et la chapelle St Sauveur. En 1472 l'église St Jean-Baptiste est édifiée sur l'emplacement de l'hospice des pauvres dont il ne reste que le beffroi. Livrée au culte en 1478, elle est consacrée par François d' Estaing en 1524. En 1503 fut commencé la construction du clocher qui ne put être achevé avant 1552 pour cause de querelle avec le seigneur de Calmont refusant une hauteur qui lui semblait un défi à son autorité.

En 1508 la ville passa commande à Antoine Salvanh de la baie qui tient lieu de rosace et du portail qui fut réalisé en pierre calcaire. Très abîmé, on peut se faire une idée de son aspect d'origine par une visite à son jumeau, celui de l'église de St Côme également réalisé par Salvanh.
espalion
 
St Côme
En 1883 la nouvelle église paroissiale fut mise en service avec transfert du vocable de St Jean-Baptiste et l'ancienne église fut désaffectée. En 1887 la décision fut prise de transformer le bâtiment en mairie après avoir un instant envisagé sa destruction pour créer une halle couverte.
Les aménagements intérieurs furent la construction d'un plancher et de fenêtres plus grandes. A l'extérieur le rempart fut détruit pour construire une façade néo-gothique avec escalier monumental, tourelles et loggia couverte.

Au sommet se trouve un écusson portant les armes modernes de la ville créées par Henri Affre au XIXe siècle, la ville n'ayant pour seules armes historiques que celles des seigneurs de Calmont:

" d'argent au lion rampant de sable (noir)"

sommaire
l' Eglise Paroissiale
Nouvelle église St Jean-Baptiste
(XIXe siècle)

Eglise néo-gothique à couronnement précédée d'une cour fermée. Le grès rouge constitue l'intégralité de la façade ainsi que des tours, des contreforts et des encadrements de baies. Pour réduire les coûts, les murs latéraux et le chevet sont en pierre calcaire et enduits d'un crépis imitant le grès. Comme l'ancienne église qui lui fait façe, elle est consacrée à St Jean-Baptiste, le vocable ayant été transféré d'une église à l'autre lorsque la première a été désaffectée.

 

le clocher est formé de 2 tours de 45m surmontées de statues de la Vierge et de St Joseph de 3m, le tout lui donnant un petit air de cathédrale. Le tympan, seule décoration sculptée de la façade, porte les statues de St Jean-Baptiste et de St Hilarian encadrant le Bon Pasteur.

reliquaire de St Hilarian
les Prisons
En 1838, les autorités civiles et religieuses de la ville décidèrent de doter Espalion d'une prison moderne. Le souci était d'humaniser l'incarcération en supprimant les cachots et salles communes particulièrement néfastes pour les enfants en es remplaçant par des cellules individuelles. Première prison cellulaire de l' Aveyron, elle était mixte, l'aile des hommes et celle des femmes étant séparées par la chapelle dans la partie centrale.
Après sa fermeture, le bâtiment failli être démoli. Sauvé par quelques passionnés, il abrite aujourd'hui le Musée du Rouergue.
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